À l’automne 2023, j’avais rendu visite aux Archives du Père Castor à Meuzac en Limousin pour préparer un article dans le dossier « Autour du Père Castor » paru dans la Revue Strenae n°24-2024 en octobre 2024.
Résumé de l’article ( texte intégral ici)
L’image participe pleinement au projet du Père Castor car Paul Faucher se souciait autant de la qualité des textes que de la dimension artistique des images, persuadé que les livres illustrés amènent les enfants à lire et les influencent sur l’orientation de leur sensibilité, leur goût et leur jugement. L’éditeur fut un des pionniers de l’album pour la jeunesse car il élabora des programmes éditoriaux pour que texte et image dialoguent dans des albums en ajustant les formats, la mise en page et les illustrations pour servir au mieux les récits. Paul Faucher a rassemblé des artistes qui ont participé à la création d’un fonds iconographique novateur : images et texte ont ainsi été associés dans le succès que les albums ont connu dès leur parution. La poursuite d’une ligne éditoriale à la hauteur du fonds d’albums du Père Castor s’avère un défi pour les successeurs de Paul Faucher depuis les années soixante-dix. Aujourd’hui, parmi la petite sélection de titres réédités par Flammarion jeunesse, certains paraissent en édition restaurée mais sont aussi proposés avec plusieurs illustrations. Cela interroge la transmission iconographique du fonds Père Castor mais aussi la continuité du projet éditorial, car une nouvelle illustration peut conduire à une lecture modifiée du récit. Cependant, certaines réillustrations ont été voulues par Paul Faucher, d’autres par son fils François Faucher qui créa de nouvelles collections. L’article s’interroge sur le destin d’images qui ont été lues par des générations, qui apparaissent et disparaissent, au titre d’une modernisation de l’iconographie ou du perfectionnement des supports de lecture des enfants. Deux histoires publiées par Paul Faucher et illustrées plusieurs fois, La Vache Orange de Nathan Hale et Marlaguette de Marie Colmont, donnent l’occasion de s’arrêter sur le contexte des ré-illustrations et sur l’évolution des images pendant les 90 ans d’édition du Père Castor.






Pendant les heures d’exploration des archives de Meuzac, j’ai pu accéder à des sources très intéressantes pour l’article qui était en cours de préparation, travaux préparatoires d’albums et correspondance entre l’éditeur et les illustrateurs, mais la richesse des documents conservés a laissé entrevoir de nombreux autres sujets à explorer. Anaïs Charles, en charge des archives qui accueille et met à disposition les documents pour les chercheurs, a écrit dans le numéro 24 une Présentation des archives du Père Castor — Maison du Père Castor à Meuzac qui laisse apparaitre les différentes facettes de ce fonds.
La maison du Père Castor qui héberge les archives, est aussi une médiathèque publique sous la responsabilité de Roxane Sterckeman, si elle contient un fonds de lecture publique habituel, elle anime des ateliers et exposition en lien avec les archives pour les enfants des alentours. Dans tous les cas, il s’agit d’un lieu très agréable à découvrir qu’on ait un projet de recherche ou non.