Les choix techniques des adaptateurs les films participent évidemment à l’interprétation autant que la reconstruction des récits. Que les histoires soient peu modifiées ou totalement réinventées, l’interprétation visuelle qu’offrent les films, par le media cinématographique et le type d’images, en modifie forcément la réception. Donc les exemples sont présentés par rapport à la qualité plastique des images :
- Les films en prise de vue réelles qu’il ne faudrait pas penser comme plus réalistes… ni moins fantaisistes.
- Les films d’animation qui offrent l’univers du récit à partir d’une création plastique animée : dessins, marionnettes, images numériques…
- Et des exemples marient les deux procédés cinématographiques…
Adaptations en PVR (film en prise de vue réelle)
Deux exemples d’interprétation onirique
La petite marchande d’allumettes de Renoir
Film de 1928 , muet en noir et blanc, de Jean Renoir adapté du conte de H-C. Andersen (1845), 32 mn.
La petite marchande prend ici la silhouette d’une adulte mais « l’expressivité et la beauté du visage de Catherine Hessling » participe à la dimension fantastique que Renoir a accentué avec des procédés de trucages innovants pour son époque.
La Belle et la Bête de Cocteau
Film de 1945, en noir et blanc, Jean Cocteau adapte le conte de Mme de Villeneuve (1740), 90 mn.
Jean Cocteau joue aussi avec les dédoublements et les inversions « lorsque l’on s’aperçoit que les trois personnages, le Prince, la Bête et Avenant, sont en réalité joués par le même acteur, Jean Marais. » « Le personnage masculin passe ici au premier plan ».
en noir et blanc

Jean Renoir transpose le conte dans un univers onirique dans lesquels il, place les jouets chers au conteur (Soldat de plomb) dans un hommage à Andersen, mais dénué de toute référence religieuse.
Un paragraphe de J. Turin dans la Revue des livres pour enfants n°226 (2005), page 108, « La petite marchande d’allumettes vue par Jean Renoir, Tomi Ungerer, Georges Lemoine et Sarah Moon »
Jean Cocteau transforme le conte en abandonnant certains motifs baroques au profit d’une dimension fantastique : il s’appuie sur les jeux de lumière et d’obscurité, les reflets (eau et miroirs), les espaces propres aux rêves et les images surréalistes. (réf. Betsy Hearne lue par J. Perrot)
Citations de Jean Perrot, « Scenarios de lecture : de la Bête et la Belle et du conte au film », Revue des livres pour enfants 140 (1991).
à suivre…..